Une école d'art & de scénographie

UN PROJET D’ÉCOLE

Former de jeunes créateurs en art & scénographie dans un environnement propice et foisonnant a été la réponse adéquate à la question de l’enseignement supérieur artistique en Principauté. En effet, héritières des associations historiques initiées par les Ballets Russes au début du xxe siècle, les institutions culturelles de Monaco perpétuent une tradition tournée vers le dialogue. L’art d’écrire l’espace de la scène ou du lieu d’exposition est au centre des réflexions et des pratiques de tous les acteurs culturels qui comptent parmi les partenaires du Pavillon Bosio.

Lorsque la Compagnie des Ballets de Monte-Carlo invite de jeunes scénographes de l’école à rejoindre ses danseurs pour une série d’"Imprévus", il s’agit de construire ensemble un espace de rencontres et d’expérimentations autour d’une expression scénique et chorégraphique. 

Porté par un même élan, le Printemps des Arts sollicite régulièrement l’école pour intervenir sur les différents lieux du festival, offrant ainsi un contexte stimulant à une réflexion sur la scénographie dans l’espace public, et sur les questions de la monstration.

L’école est également liée au Nouveau Musée National de Monaco (NMNM), qui implique les étudiants dans les activités de ses différents départements, et accueille des ateliers de recherche et de création (ARC).

Par ailleurs, le Musée Océanographique permet aux étudiants d’accéder à son fonds photographique, afin qu’ils puissent concrétiser certaines recherches.

Enfin, dans le cadre du Colloque International des Rencontres Philosophiques de Monaco, des échanges se poursuivent autour de projets en photographie et en scénographie.

Si ces collaborations s’inscrivent dans la cohérence d’un état, parallèlement l’école a mis en place des réseaux internationaux. 

Au sein des axes et des programmes de recherche, ils incluent des universités et écoles supérieures d’art, comme par exemple l’Université Paris-Sorbonne (Paris 4), la Toneelacademie à Maastricht ou le réseau École(s) du Sud. Également, des scènes nationales telles que le théâtre national de La Criée à Marseille, le théâtre Due à Parme ou encore des institutions culturelles, comme des musées ou des fonds régionaux d'art contemporain, permettent aux projets de se déployer.

Les différents partenariats de l’Esap contribuent ainsi à donner de l’ampleur au projet d’école ; ils sont à la fois conçus comme une extension géographique des ateliers et comme des activateurs de pensée. Ils offrent aux programmes pédagogiques l’opportunité de côtoyer un contexte professionnalisant, et à la recherche de prendre une forme dynamique.

L’inscription du projet d’école dans la réalité d’un contexte historique et culturel s’est donc développée dans un réseau de compétences, et actualisée dans une pédagogie inventive, ouverte sur des potentialités proches et lointaines. 

LES DEUX AXES DE LA SCÉNOGRAPHIE

LA SCÉNOGRAPHIE DE SPECTACLE & D’ART VIVANT,
“LES ARTS PLASTIQUES ET LA SCÈNE”

La fonction du scénographe connaît une profonde mutation. Ses champs de compétences, ses modes d’interventions s’étendent désormais bien au-delà du théâtre : expositions, espaces urbains, installations… À l’origine objet de commande, la scénographie s’affranchit aujourd’hui pour s’autonomiser. Sa pratique est devenue hybride : les approches qui questionnent l’espace et la dramaturgie nourrissent la création contemporaine qui, a contrario, puise de façon manifeste dans le registre scénographique pour enrichir, voire remettre en question, son langage. 

La présence des étudiants au festival d’Avignon ou dans les workshops menés au sein même de théâtres, à Monaco, en France et en Italie, constitue une formidable opportunité pour la formation. En effet, la scénographie s’origine dans la relation regardant-regardé et son lieu d’inscription reste le lieu théâtral. C’est là que résident, pour la scénographie de spectacle et d’art vivant, son histoire et ses pratiques. 

C’est pour cette raison que l’enseignement des relations entre espace et texte, espace et corps, espace et musique, demeure essentiel. Des exercices centrés en début de cursus sur la scène de théâtre sont ensuite déplacés, rejoués et interrogés hors du cadre conventionnel, dans différentes situations. Ils convoquent la scénographie comme métier, comme discipline artistique, comme pratique d’auteur, comme mode de pensée et d’interrogation sur le monde.


LA SCÉNOGRAPHIE D’EXPOSITION,
“L’EXPOSITION COMME MÉDIUM - ŒUVRER DANS LE PROLONGEMENT DE L'
ŒUVRE"

Tout au long du xxe siècle, la question du médium artistique s’est élargie, affirmant le processus créatif comme une expérience de traduction et de transmission se construisant dans une relation au temps et à l’espace et non pas à un matériau. L’héritage de Marcel Duchamp est à ce titre fondamental. En évoquant ses propositions radicales comme 16 Miles of String, ou son rôle lors de l’exposition du Surréalisme à Paris en 1938, nous pouvons situer d’emblée les recherches menées autour de la scénographie au sein de l’Esap comme l’articulation d’une conception de l’œuvre et de l’expérience de l’exposition. 

Il s’agit d’accompagner les étudiants dans une réflexion sur le statut de l’objet et de l’acte artistique, mettant en cause l’idée d’autonomie pour au contraire prendre en compte tous les contextes qui les informent.

Les partenariats mis en place permettent de conduire des projets, du cahier des charges à la réalisation concrète. Des recherches sur la scénographie d’exposition sont ainsi menées dans le cadre des arc. Enfin, l'exposition des travaux des étudiants de 3e année, et celle des diplômés de 5e année, sont d'importantes occasions de s’approprier un lieu, de réfléchir aux contraintes de l’exposition collective et d’inventer de nouvelles relations au public.

DES PROLONGEMENTS TRANSVERSAUX
 

La scénographie est nourrie de la rencontre entre disciplines. Une approche contemporaine de sa pratique ne saurait s’envisager hors d’une ouverture des deux axes (scénographie de spectacle et d’art vivant et scénographie d’exposition) à des recherches et questionnements communs.

LE LABORATOIRE

Le laboratoire confronte différentes pratiques, il invite à l’utilisation des outils de la scénographie (lumières, constructions, machineries et dispositifs), dans une perspective d’expérimentation et de production. Il est un lieu d’élaboration de concepts, d’objets et de modes opératoires, vers la création de mises en scène, performances, installations…

Il se veut un espace de réflexion sur les formes plurielles de la scénographie, et leur intrication sur scène, dans l’exposition, mais aussi dans la ville et l’espace public. La prise en compte de ces destinations instruit à l’analyse d’un lieu, et affine les compétences techniques et la conscience des procédés de production.

Le laboratoire réunit plusieurs enseignants et des étudiants de 3e, 4e et 5e années afin de mettre en évidence des interactions entre les deux axes.